Accompagner la jeunesse pour façonner l’avenir de Figeac

A quoi reconnait-on un jeune?  A l’âge ? Peut-être… Quand je lui demande son âge , Amélie Pagès, répond sûre d’elle : « Je vais avoir 34 ans » Puis elle se reprend : « Ah non je viens de les avoir.. ; Euh non.. Attends… ». Je ne sais pas comment définir un jeune, mais je remarque que les « non-jeunes » sont celles et ceux qui ont arrêté de compter leurs années.

Amélie m’accueille dans son bureau, à la Mission Locale de Figeac, pour m’expliquer son travail : Conseillère en Insertion Professionnelle. L’association propose des services et des accompagnements pour les personnes de 16 à 25 ans. Elle rencontre au quotidien des mineurs ou des jeunes adultes qui ont besoin d’un coup de pouce pour des démarches de recherche d’emploi. Pour d’autres, il faut parfois mettre en place un accompagnement global notamment pour l’insertion sociale (en aidant à la recherche d’un logement, pour trouver un médecin traitant…).

Une jeunesse qui cherche du travail

En 10 ans sur ce poste, Amélie a vu la jeunesse de Figeac évoluer. Le Covid est passé par là. Mais au fond, la situation reste toujours aussi délicate. Le département du Lot est le deuxième département le plus âgé de France, ce faisant, la jeunesse a du mal à trouver sa place. L’accès aux services, aux soins, au logement et surtout à l’emploi… est plus difficile pour les plus jeunes.

« Nous recevons tous les profils, mais depuis le Covid, je perçois une plus grande fragilité du fait de leur isolement. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas avoir de cercle d’amis ni de soutien familial. »

La mobilité est un des freins constatés par la Mission Locale : « Le dernier devis que j’ai vu passer pour un permis de conduire était de 1995€ pour la conduite, sans le passage du code. Et le pire c’est que la 1ère heure de conduite est prévue en mai 2027. » Sur Figeac malgré les  transports en communs, ou la location de vélo électriques la mobilité est un sujet… On imagine donc l’isolement des jeunes dans des villages plus éloignés de Figeac.

Pour répondre au mieux aux besoins des bénéficiaires, la Mission Locale adapte au maximum son accompagnement. « Tous nos entretiens se font en physique. Et nous proposons des ateliers en groupe. » Les nouveaux locaux permettent aux jeunes de se retrouver. « Au démarrage, nous observons de la réticence à venir dans un groupe puis au fil des semaines certains prennent le goût et demandent à revenir. » Les ateliers sont animés par Amélie ou sa collègue Pascale Dupeyron. Ils permettent aux personnes de s’entraîner au code de la route ou de se préparer pour un entretien d’embauche. D’autres ateliers permettent de tisser du lien social :  un atelier poterie, un atelier bénévolat sur un festival ou une sortie accrobranche.

La Mission Locale de Figeac recherche d’ailleurs un service Civique pour les aider à animer : « Qui mieux qu’un jeune pour faire vivre cette communauté et coanimer ces ateliers avec nous. » (offre en ligne)

Amélie PAGES, dans son bureau de la Mission Locale de Figeac

Rencontrer et Accompagner.

Amélie souhaite que chaque personne qu’elle rencontre, ressorte du rendez-vous avec un début de solution. Mais elle doit aussi faire face aux idées reçues. Un jeune qui ne vient pas au rendez-vous, qui ne se lève pas, ce n’est pas une question de « flemme » comme elle l’entend parfois. « Nous avons du mal à convaincre les entreprises de prendre les bénéficiaires en stage.».

Heureusement, des belles histoires, Amélie en a plein ses tiroirs. A travers ces actions du quotidien, les bénéficiaires reprennent confiance et deviennent plus autonomes. Pour cela, elle utilise de nombreux leviers dont le dispositif de formation « Projet pro » ou encore « l’école ETRE Lot ». Selon elle, il y a un avant et un après « ETRE Lot ». « Là-bas, ils reprennent un rythme quotidien, bougent. Le cadre est bienveillant avec Guillaume Bach et son équipe. A chaque session, les stagiaires reviennent me voir avec des idées ou des pistes concrètes. »

Les projets futurs 

La Mission Locale reçoit de plus en plus de personnes. Ces derniers mois, l’association a comptabilisé une hausse de 25% de demande de premier contact. Il faut donc continuer à assurer l’accompagnement en proposant des actions différentes selon les attentes des jeunes : « Nous voulons proposer un voyage en Erasmus +. Certains ne sont jamais allés à l’étranger, alors faire un stage en entreprise à l’étranger c’est partir à l’aventure ! Nous avons aussi des ateliers prévus avec l’association DECLAM et même une visite à la sous-préfecture de Figeac. » Amélie me décrit avec enthousiasme ces projets à venir.

Quand je lui fais remarquer que son travail nécessite beaucoup d’énergie ; et que ce n’est peut-être pas toujours facile de cumuler une vie de maman et une vie de conseillère en insertion pour des jeunes ; elle me répond : « Quand j’étais jeune j’avais de la chance d’avoir des groupes d’amis, une vie sociale, une famille aidante… J’en suis consciente aujourd’hui. Alors c’est normal pour moi de m’engager pour les jeunes aujourd’hui car ils sont notre avenir ! »