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Le fil d’Oriane

Nous poursuivons la série de portrait des partenaires de l’école ETRE Lot #2. Rencontre avec une éducatrice spécialisée pour le public jeune : Oriane Gontek.

Un visage doux, une présence rassurante, Oriane Gontek m’accueille dans la grande salle de l’Espace Jeunes de Figeac. On s’attable. Le lieu est calme en cette fin de matinée.

La « Maison des Ados et des jeunes du Lot » (ou MDA-PAEJ) est un espace d’écoute, de conseils, d’orientation pour les jeunes de 11 à 25 ans. Basée sur Cahors, elle a pour vocation de couvrir tout le département. La Maison des Ados et des jeunes du Lot tient donc des permanences sur tout le département, dont une sur Figeac tous les mercredis (de 12H à 18H au 1 Ter, avenue Philibert Delprat à Figeac.). C’est dans ce cadre, que nous rencontrons Oriane à l’Espace Jeunes de Figeac.

L’éducatrice spécialisée accompagne individuellement les jeunes et organise des actions collectives avec des partenaires. « Ici l’accueil est inconditionnel et nos entretiens sont confidentiels. Nous recevons le jeune et/ou les parents. Mais nous démarrons les accompagnements uniquement si le jeune adhère librement. » De quoi ont besoin les jeunes qu’Oriane reçoit ? Selon elle, ils poussent la porte pour plusieurs raisons : difficultés dans la sphère familiale, besoin de soutien psychologique, perturbations dans le parcours scolaire… Certains bénéficiaires viennent seuls, d’autres accompagnés des parents et certains sont orientés par les établissements scolaires. Le cap de l’adolescence est parfois compliqué à passer et le soutien de l’éducateur spécialisé prend tout son sens. Il s’agit parfois d’une présence un peu discrète, de quelques RDV. Au travers de ces rencontres, l’éducateur tend un fil que le jeune peut suivre. Un fil parfois très mince mais qui lui permet de retrouver certains repères.

Oriane reconnait certains dénominateurs communs entre les personnes qu’elle accompagne : « Je perçois l’isolement qui les touche de plus en plus et je remarque aussi une vraie difficulté à accéder au soin. »  Avec l’équipe pluridisciplinaire (psychologue, infirmière…) elle met en place une offre d’accès aux soins, une aide pour des démarches administratives et propose des activités plus ludiques. « Nous organisions avec Laurie un atelier cuisine. Ce temps permettait d’échanger plus librement avec les jeunes et de les observer en groupe. Je n’anime plus l’atelier, en revanche dès que je suis libre je traîne dans l’espace jeunes. » Dans ce lieu, les jeunes décident de leurs actions (une bourse à vélo, des voyages, des ateliers jeux…) et il n’est pas question de rentabilité : « J’aime bien l’idée qu’ils viennent sans vraiment savoir ce qu’ils vont faire ici. Être là c’est déjà beaucoup.» Et avec ses collègues ils mettent en place une stratégie des petits pas pour que le jeune puisse savourer chaque réussite.

Aller vers

Les journées d’Oriane ne se ressemblent pas. Il n’y a pas de routine dans son métier. D’autant qu’Oriane bouge d’un lieu à l’autre. Avec Jean-Christophe, éducateur de rue, ils partent un mercredi sur deux dans la ville. Cette maraude leur permet de rencontrer des jeunes qui n’iraient pas à l’espaces Jeunes ou qui sont déscolarisés.

C’est dans le cadre de cet aller-vers qu’Oriane développe les partenariats sur Figeac. Depuis plusieurs mois, elle intervient auprès des stagiaires de l’école ETRE Lot. Elle les rencontre en début de parcours pour travailler avec eux l’estime de soi. Trois mois plus tard, en fin de parcours elle les retrouve à nouveau. Oriane se remémore ces instants avec le dernier groupe, sourire aux lèvres. « On voit vraiment la différence. Il y a un avant et un après formation ETRE. Le plus touchant c’est quand ils prennent eux-mêmes confiance/conscience ? du chemin qu’ils ont parcouru. Lors de ces ateliers en collectif ils se renvoient respectivement leurs progrès. »

Au fil de la conversation, c’est le fil d’Oriane qui se dessine. Un fil qu’elle prend le soin de dérouler avec ses partenaires, ses collègues et surtout un fil unique qu’elle tisse avec chacun des jeunes qu’elle accompagne. Un fil, fragile et solide à la fois, un fil qui sera parfois rompu, renoué emmêlé, mais un fil qui toujours pourra guider le jeune dans le labyrinthe de sa propre jeunesse.

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Le saviez-vous : Créée en 2017, la MDA-PAEJ accueille gratuitement et en toute confidentialité les jeunes de 11 à 25 ans, sans prescription. En 2025, 339 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement individuel, dont près de 250 nouvelles situations. Les actions collectives ont touché 2 895 jeunes et 150 autres ont été rencontrés directement sur les territoires.