Jamais sans son vélo
10.000 km c’est la distance à vol d’oiseau qui sépare Paris et Tokyo. 10.000 km c’est aussi la distance que peut parcourir André à vélo, en une année.
André arrive sur son vélo, flanqué de son gilet et casque fluos. Il le gare délicatement. Il est très à l’aise et à sa manière de faire les gestes, on remarque qu’il est un cycliste très expérimenté. En sirotant un café il raconte son passé de chauffeur poids lourds (15 ans), et sa bascule pour arrêter la voiture et se déplacer à vélo.
Ce lillois était en voyage à vélo quand il a décidé de poser ses valises dans le Lot. « Là-bas, je pouvais faire du vélo musculaire ; Ici ça monte et ça descend beaucoup plus, alors j’ai investi dans un vélo électrique.» André travaille à Capdenac-GAre. Il est en CDI-intérimaire dans l’usine Raynal et Roquelaure au service expéditions. L’agence interim, Start People, savait qu’André ne se déplaçait qu’à vélo. Les horaires décalés et les quelques 30 km aller-retour n’ont pas gêné pour autant la prise de poste.
« J’ai souvent un trajet en pleine nuit alors je suis très bien éclairé. Quand je travaille le matin je suis sur le vélo à 4H30. L’hiver quand je travaille d’après-midi, je rentre vers 19H. » L’accès à la douche de l’entreprise est un vrai plus pour qui vient en vélo le matin. « Et à vélo, je prends le temps, et je me sens plus réveillé pour ma journée de travail ».
A la question pourquoi avoir lâché la voiture, il répond sans hésiter : «Pour arrêter de financer des guerres en achetant de l’essence». André veut aussi plus de liberté et moins dépenser. « J’ai investi dans un bon vélo et avec le matériel, les accessoires, ça commence à chiffrer. »
Mais il gagne au change : pas de réparations couteuses sur une voiture, pas de carburant, et pas d’assurance auto.
Il y a quelques mois, André a dû se déplacer à Luc-La-Primaube pour une formation professionnelle. «Je devais passer mes CACES. La formation a duré plusieurs jours. Je n’allais pas faire les 120 km aller-retour tous les jours. Mais j’y suis quand même allé en vélo et je dormais sur place.»
André enfourche le vélo électrique pour ses trajets quotidiens domicile-travail. Le week-end, il prend son vélo musculaire pour des randonnées : « Avec le vélo on peut partir facilement. Moi j’aime prendre la route sans destination avec juste de quoi dormir et la carte véloroute.»
Mis à part une crevaison et une rencontre malheureuse avec un ragondin étourdi, qui a oublié de regarder en traversant, André est toujours arrivé à l’heure et en un seul morceau au travail.
Il remet son casque et son gilet pour rejoindre l’usine. Je réalise que pour un monsieur dont le nom de famille est “Prudent”, le fluo lui va à merveille.
Le saviez-vous : Dans les pays occidentaux, 40 % des personnes ont une maladie liée à la faible activité physique, ce qui génère environ 10 % des décès. Le vélo est un allier pour la santé. Chaque kilomètre parcouru à vélo permettrait d’éviter environ un euro de coût de santé en France (selon une analyse de l’enquête décennale de mobilité conduite par l’Insee.)













